Où tu sais où tu peux te le mettre ton poireau ?

Ce sentiment de malaise, d’indigestion…

Dans le cadre de la première réunion de la Coalition mondiale pour l’alimentation scolaire à Paris qui s’est tenue ce mercredi 18 octobre, Emmanuel Macron souhaite : “qu’à partir de la rentrée scolaire prochaine, tous les enfants de France à l’école primaire enfilent leur tablier et préparent un repas pour leurs copains dans l’année (…) Je veux que tous les enfants de France sachent distinguer un fenouil ou une betterave. » 

J’aimerais tellement t’écrire qu’il s’agit d’une blague, d’un article parodique, mais non. C’est la cuisante vérité. Nous en sommes là.

Même s’ils tombent pendant la semaine du goût, les propos du président de la République sont de très mauvais goût.
C’est écœurant de parler de la place du fenouil ou de la betterave dans les programmes scolaires quand on reproche à longueur de discours le travail médiocre des enseignants et le faible niveau des élèves français dans les enquêtes internationales. Un jour, on recentre sur les fondamentaux, le lendemain on nous demande d’apprendre à Enzo la recette du risotto de coquillettes jambon façon Cyril Lignac.

C’est nauséeux de convoquer le topinambour et le chou kale à l’école quand on connaît nos conditions de travail insalubres. Je ne donne pas trois semaines avant qu’une intoxication alimentaire mette fin à ce projet pompeusement appelé : “L’équipe de France des cantines”.

Non mais sérieusement… Quelqu’un dans l’entourage d’Emmanuel Macron peut-il lui expliquer que la vie, que l’école, ce n’est pas M6 ? Après Le plus grand pâtissier ou Cauchemar en cuisine, voici L’équipe de France des cantines. 20 candidats : ils sont tous profs. A la fin, il n’en restera… pas parce que les profs, ils en tous ras la toque.

Et puis plus sérieusement, j’en suis malade de lire ce mercredi sur une dépêche AFP que le président de la République demande aux professeurs de se peler le rutabaga alors que la France pleure la disparition de Dominique Bernard.

L’équipe de France des cantines commence dès le mois de septembre prochain dans toutes les écoles de France. Enfin presque toutes. Autant dire que le premier inspecteur qui vient me coller un épluche légume dans la main, je lui enfonce un poireau où je pense. Et puis bien profond, juste à côté de là où je lui dit de se mettre son pacte.
Il faut cultiver son jardin” écrivait Voltaire. Le philosophe signifiait par ces mots qu’il était préférable, pas souci d’efficacité, de se concentrer sur les problèmes que l’on peut résoudre.
Il faut cultiver son jardin, c’est vrai.
Mais il y quand même quelques bons gros coups de pelle qui se perdent.

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