Nicole Belloubet : “Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis de drauche.”

Rencontre avec la nouvelle ministre de l’Education nationale.

Nouvelle ministre de l’Education nationale, Nicole Belloubet a accepté de répondre à nos questions. Rendez-vous est pris dans au café Pierre Hermé dans le 7ème arrondissement de Paris. Un lieu intime et gourmand pour une rencontre en toute simplicité. Crédit photo : LP/Frédéric Dugit

Madame la Ministre, merci d’avoir accepté notre invitation.
Je n’avais pas du tout envie de venir : je suis donc là avec plaisir.

Nos lectrices et lecteurs ont envie d’en savoir un peu plus sur vous, sur votre parcours, vos passions. Par exemple, puisque nous sommes installés au café Pierre Hermé à quelques pas du ministère, êtes-vous plutôt tentée par un café ou un thé ?
Je ne suis pas très café. Je n’aime pas le goût, et ça me donne des aigreurs d’estomac. Je vais donc me laisser tenter par un Espresso.
Pierre Hermé vient à nos côtés nous proposer un assortiment de macarons qu’il a lui-même sélectionné pour la ministre.
Je vous avoue que je ne suis pas très sucrée. Je suis une descendante d’Aveyronnais, donc je penche davantage vers les tripoux ou l’Aligot. Je vais donc faire honneur à ces macarons. Et puis vous m’en mettrez un coffret de 24 que je dégusterai ce soir. Je vais me régaler, même si je n’aime pas ça du tout.

A vous écouter Madame la Ministre, et vous l’avez d’ailleurs confirmé jeudi soir dernier sur France 2, on a le sentiment que vos avis, vos opinions, sont en constante évolution.
Absolument pas du tout. Je suis une femme de conviction. J’ai des valeurs profondément chevillées au corps. C’est juste que je les garde pas longtemps. Écoutez, ce macaron à la vanille de Madagascar est absolument divin. Vous devriez le goûter. Non, surtout pas ! N’en mangez pas, c’est immonde. Je ne suis pas folle vous savez.

Il y a quelques années, vous critiquiez “les fariboles sur la restauration de l’autorité à l’école ou le port de la blouse”, projet que vous allez conduire aujourd’hui.
Sur le port de l’uniforme, je suis farouchement contre et totalement pour. Vous savez, les réponses apportées par Gabriel Attal sur la question de l’autorité s’inscrivent dans une vision plutôt conservatrice de l’école que je partage complètement car je suis une femme de progrès ne l’oubliez pas.

Diriez-vous aujourd’hui que vous êtes plutôt une ministre de gauche ou une ministre de droite ?
Tout à fait.

Nous avons un peu du mal à vous suivre. Avant d’être ministre de la justice, vous avez été professeure des universités, puis rectrice. Vous avez une bonne connaissance de l’Education nationale. Est-ce un atout pour faire avancer les dossiers brûlants du moment ?
Oui et non. Je dirais oui car effectivement, j’ai une très bonne connaissance de l’Etat, de ses rouages, oserais-je dire de ses secrets. Et en même temps non, car j’ai une très bonne connaissance de l’Etat, de ses rouages, oserais-je dire de ses secrets. Vous ne finissez pas votre macaron Vanille-griotte-Hareng saur ? Je déteste, j’en mangerais des tonnes.

Prenons un autre exemple, celui de la mise en place des groupes de niveaux au collège. Ce futur dispositif est actuellement sous le feu des critiques. Souhaitez-vous leur mise-en-place dès la rentrée prochaine ?
Mais bien sûr que non. Et vous verrez dès leur mise-en-œuvre que j’avais raison d’être contre. Il y a un petit courant d’air non ? Je meurs de chaud.

La porte de la boutique est restée ouverte, vous voulez que j’aille la fermer ?
Non, je vais enfiler ma veste. Elle doit être quelque part. Mais que je suis sotte, je l’ai déjà sur moi. Excusez-moi, je vous demande quelques secondes.
Nicole Belloubet pose son macaron au cassis-maroilles-gingembre et se lève.
J’ai un truc imparable pour mieux me couvrir. Regardez, c’est très simple. Une manche, puis la deuxième manche… Ensuite je rabats le col en faisant très attention parce que c’est du cachemire. Et voilà qui est fait : en un tour de passe-passe, je retourne ma veste.

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