La médecine du travail des enseignants fête ses 80 ans de non-existence

Pas bon anniversaire, du coup.

Bon anniversaire. C’est par la loi du 11 octobre 1946 que fut créée la médecine du travail. C’est également en 1946 que ne fut pas créée la médecine du travail des enseignants. Une date anniversaire que l’Éducation nationale, par la voix de son ministre ’Édouard Geffray, a tenu à ne surtout pas célébrer, en n’organisant ni commémoration, ni réception, ni même un discret “verre de l’amitié”.
La médecine du travail des enseignants n’a donc pas été créée en 1946, ni les années suivantes, ni même “quand on aura le temps”, car selon Serge Blazer-Febreze, historien spécialiste du mépris dans le monde du travail : “cela aurait pu permettre à l’Etat de prendre soin de la santé de ses enseignants ou de prévenir des pathologies professionnelles. Beaucoup d’argent et d’énergie pour rien parce qu’en vrai, les profs, tout le monde s’en fout.”

En ce moment, l’Éducation nationale traverse d’ailleurs une période particulièrement riche en non-anniversaires, puisque c’est en avril prochain que ne seront pas célébrés les dix ans du dispositif “toujours aucun entretien professionnel annuel”.
En effet, à l’Education nationale, les professeurs, non contents de ne bénéficier d’aucune médecine du travail, n’ont pas non plus l’opportunité de s’entretenir avec leur supérieur hiérarchique. Cette absence d’entretien révèle “une véritable culture d’entreprise” selon Nadine Chignon-tendue, directrice du service des moyens et de la corvéabilité : “Nous, notre objectif de productivité, c’est de réunir dans une même pièce un maximum d’élèves avec un seul prof, le tout pendant un maximum d’heures. Ceci dans un but d’optimisation des moyens, bien sûr. Franchement, le reste, l’entretien annuel, le médecin du travail et toutes ces conneries, ce n’est pas notre priorité. Et puis quoi encore ? Favoriser le bien-être au travail ? Leur proposer une formation de qualité aussi ?

Enfin, toujours dans le cadre de ce programme pas du tout festif, le ministère a prévu de continuer à ne pas revaloriser les enseignants, pas même un euro, rien, nada. On le constate : autant de non-événements qui s’inscrivent dans une longue tradition d’absence d’attention, de reconnaissance et de confettis et qui font que, décidément, les profs ne sont pas à la fête.

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